Connaissez-vous les EIPF ?

Les EIPF (Ecoles Indiennes à Programme Français)

Les autorités indiennes du Territoire de Pondichéry, incitées (mais non obligées) par l’article 20 du Traité de Cession à soutenir la culture française dans les ex-comptoirs, mettent en place des structures singulières : les Ecoles Indiennes à Programme Français (EIPF). Ces écoles comprennent principalement le Pensionnat de Jeunes Filles de la rue Dumas (jusqu’à la troisième) créé en 1826, et le Collège Calvé de la rue des Missions (pour les garçons jusqu’à la troisième) créé en 1875, ainsi que quelques petites écoles appelées « nouvelles écoles françaises » dispersées dans la ville. Sur le Territoire de Pondichéry, il y a également les Cours complémentaires à Mahé créés en 1805, et le Collège d’enseignement secondaire à Karikal, en 1849.

Depuis 1962, ces établissements, notamment le Pensionnat de Jeunes Filles et le Collège Calvé, suivent les programmes français, et délivrent à la fin de la troisième le diplôme du Brevet Elémentaire (l’actuel Brevet National). Pour l’année 2004, au Pensionnat de Jeunes Filles, sur six élèves inscrites en 3ème, cinq ont réussi le Brevet. Les enseignants ont tous des diplômes indiens (B.A ou M.A French). L’enseignement est gratuit pour les élèves qui reçoivent une bourse du gouvernement indien. Ils sont majoritairement issus d’un niveau socio-économique modeste. 90 % sont de nationalité indienne. Le niveau de maîtrise du français est très faible parce que l’environnement familial ne parlent pas ou très peu français. Lorsqu’ils arrivent en maternelle, les élèves ne parlent pas un mot de français. Les enseignants eux-mêmes utilisent assez peu le français en dehors de la classe.

Le Pensionnat de Jeunes Filles, face à la mer, Pondichéry

Aujourd’hui, on compte environ 200 élèves de la maternelle à la 3ème pour le Pensionnat de Jeunes Filles, et environ 80 élèves pour la section française du Collège Calvé. Les effectifs sont en baisse constante. Les causes sont multiples : dénatalité spectaculaire de la population franco-pondichérienne, raréfaction des retours au pays, départs pour la France de familles entières, mais aussi manque considérable de moyens, et non-reconnaissance ni par la France ni par l’Inde des diplômes délivrés jusqu’en troisième. Frappées par cette crise continue d’effectifs, elles risquent de disparaître. Pour y remédier et remplacer le déficit des familles franco-pondichériennes, il faudrait attirer de nouvelles familles indiennes vers l’enseignement en français. Pour cela, il faudrait rendre plus faciles les équivalences avec les diplômes indiens, et mettre en avant l’atout indispensable que représente la maîtrise de trois langues (tamoul, anglais, français) dans la société actuelle, sachant que les autres écoles proposent ces trois langues, mais non comme langue d’enseignement. D’autre part, les responsables redoutent leur disparition parce qu’elles jouent à Pondichéry un rôle politique important dans la mesure où elles symbolisent la spécificité du Territoire face aux projets régulièrement évoqués d’absorption par les Etats environnants.

Source : Lettre du CIDIF (Centre d’information et de documentation de l’Inde francophone), Octobre 2005

Voir la Galerie de photos du Pensionnat de Jeunes Filles

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