De retour de l’Hexagone

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Srividya avec une collègue enseignante de français

Suchitra RAVI et Srividya KRISHNAN, deux Indiennes francophiles et francophones, font part de leur expérience en France. Respectivement conseillère pédagogique et enseignante à l’Alliance Française de Madras, elles reviennent de France après avoir suivi un stage à Besançon et Vichy.

Suchitra a commencé à apprendre le français en 1979, est devenue professeur de français en 2000 puis conseillère pédagogique en 2009. C’est au Cavilam – Alliance Française (Centre d’Approches Vivantes des Langues et des Medias) de Vichy qu’elle a suivi un stage du 16 au 26 juillet 2013. Srividya est enseignante depuis 2004 et est partie au CLA (Centre de linguistique appliqué) de Besançon du 1er au 26 juillet 2013. Ce fut une première expérience en France pour elle. Fraîchement revenues de leur séjour, nous les avons rencontrées afin de recueillir leur témoignage, connaitre leurs impressions et entendre leurs commentaires sur leurs expériences.

Que retenez-vous de votre/vos séjour(s) en France ? Avez- vous bien été accueillies en France ?
Suchitra : La première fois que je suis allée en France, à Paris, il s’agissait de ma toute première sortie du territoire indien, ma première vraie expérience à l’étranger. Avant je n’enseignais que de manière théorique sans connaître la France réellement. Ce séjour a donc changé beaucoup pour moi d’un point de vue professionnel. La deuxième fois, j’ai séjourné à Vichy, une ville magnifique. J’ai interagi avec beaucoup d’étudiants et des personnes de toutes les nationalités, ce fut très intéressant. J’ai été très bien accueillie, par mes amis bien sûr, mais aussi par tous les autres Français.
Srividya : J’étais à Besançon, qui pour moi était une petite ville. L’accueil s’est bien passé : les personnes étaient sympathiques.

Quel a été votre meilleur souvenir en France ?
Srividya : A Besançon, il y avait un petit kiosque près de là où je séjournais et où l’on vendait des crêpes. Un jeune couple de Français tenait ce kiosque et tous les jours je passais trente minutes à parler avec eux. Nous pouvions parler de tout : de sujets politiques comme de la vie quotidienne. C’est à cet endroit que j’ai appris le plus sur la vie quotidienne française, en parlant avec ces personnes.
Suchitra : Ce que je retiens le plus, ce sont les personnes particulièrement accueillantes et charmantes que j’ai pu rencontrer. Je recevais toujours un sourire, tout le monde était prêt ­­­­­­­­­­­­à m’aider.

Srividya à Clermont-Ferrand (proche de Vichy)

Suchitra à Clermont-Ferrand (près de Vichy)

Quelles étaient vos représentations de la France avant votre départ ? Quels a priori/ clichés se sont révélés être vrais ou faux ?
Suchitra et Srividya : Le fait que l’on dise que les Français ne sont pas accueillants est un cliché erroné !  Nous avons toujours été bien accueillies. Même s’il faut souligner que nos stages se déroulaient dans un contexte international et que donc chacun était préparé à se retrouver dans un cadre multiculturel.
Suchitra : Cependant il y a une différence entre les petites et les grandes villes. Les Français sont plus accueillants dans les petites villes. A Paris, lorsque j’ai demandé mon chemin une fois, on m’a quand même signifié de m’acheter une carte ! Mais en règle générale, les Français sont plus accueillants que ce que l’on dit. Un autre cliché qui s’est avéré être faux est celui du tabou sur la religion. La religion est plus présente dans la vie des Français que ce que l’on entend. On pense souvent que la religion n’a pas de place dans la société française mais ce n’est pas vrai.
Srividya : Oui, exactement, tout le monde répond aux questions sur la religion. Il en est de même pour la famille. Contrairement à ce que l’on dit, la famille semble être aussi très importante pour les Français. Rendre visite à ses proches, s’occuper de son entourage est aussi important que chez nous. En fait il y a beaucoup plus de similarités entre les Indiens et les Français que ce que l’on croit. Nous avons les mêmes sentiments, les mêmes émotions, les mêmes tensions et préoccupations.

Avez-vous une anecdote  marquante ?
Srividya :  Nous savons que les Français font la bise. Comme j’étais habillée à l’indienne, personne ne me faisait la bise en France, on me serrait seulement la main. En effet en Inde, nous ne sommes pas habitués à nous toucher, nous gardons plus de distance. Le contact physique n’est pas évident. Mais vers la fin de mon séjour, un ami m’a demandé la permission que l’on se fasse la bise. J’ai trouvé cela touchant et délicat et nous nous sommes fait la bise tous les jours par la suite.
Qu’est-ce-qui vous a surprises en bien ou en mal ?
Srividya : Les Français sont très lents dans les supermarchés. On prend le temps de tout vérifier, de tout compter. En Inde tout va plus vite, on doit apprendre la patience en France !
Suchitra : Oui, c’est vrai, tout est très lent et particulièrement dans les marchés et supermarchés. On prend le temps de tout calculer avec une machine.
Srividya : Nous sommes tellement nombreux en Inde qu’il faut aller vite, on calcule de tête, on ne prend pas le temps de sortir une calculatrice.

Aimeriez-vous retourner en France ?
Suchitra : Oui, particulièrement pour visiter plus de régions françaises, voyager partout dans le pays.
Srividya : Egalement, mais pas pour un stage cette fois-ci, en vacances avec ma famille pour découvrir plus de régions.

Entretien réalisé par Tiphaine Mallégol et Emilie Raoul, Alliance Française of Madras le 19.08.13

 

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