Dossier : Lumière sur la Francophonie

Près de 250 millions de personnes sur les cinq continents parlent le français. Sur la base de cette langue en partage, le mouvement francophone a donné naissance à une Organisation internationale de la Francophonie. La diversité culturelle et la solidarité sont aujourd’hui les principaux thèmes promus par la Francophonie.

I. Francophonie et francophonie

Le mot « francophonie » apparaît pour la première fois en 1880 sous la plume du géographe Onésime Reclus dans le cadre de sa réflexion sur le destin colonial français.

Il désigne aujourd’hui à la fois un concept socio-linguistique et une entité géopolitique : l’ensemble des personnes pouvant s’exprimer en français à des titres divers (sans majuscule) et la structure institutionnelle qui rassemble les pays « ayant le français en partage » au sein de l’Organisation internationale de la Francophonie (avec une majuscule).

Dans la question de la francophonie, il faut distinguer les pays où le français est langue officielle (unique ou non), ceux où le français est la langue maternelle d’une grande partie de la population, ceux où il est langue de culture, ceux où il est utilisé comme langue seconde ou de scolarisation, ceux où il est utilisé par certaines classes de la population, etc. Or, ces catégories ne se recoupent pas. Dans certains pays par exemple, bien qu’étant langue officielle, le français n’est pas la langue maternelle de la population, ni la langue de communication au quotidien.

II. Historique

Les locuteurs du français se sont sentis menacés par l’omniprésence de l’anglais et l’influence de la culture anglo-américaine après la Seconde Guerre mondiale. Ce n’est qu’à ce moment que la conscience de la communauté francophone s’est réveillée avec la volonté de s’unir pour défendre certaines spécificités de la langue française et une éventuelle « exception culturelle francophone ».

Le terme de « conscience francophone » a été particulièrement popularisé par Léopold Sédar Senghor.

Historiquement, la première grande organisation non gouvernementale d’institutions de langue française fut l’Association des universités partiellement ou entièrement de langue française (AUPELF), créée en 1961, et dont l’un des initiateurs fut le journaliste canadien Jean-Marc Léger. L’AUPELF a été depuis renommée en Agence universitaire de la Francophonie.

La Francophonie est à l’origine une idée promue par quelques Pères fondateurs, parmi lesquels on retrouve Léopold Sédar Senghor (président du Sénégal), Hamani Diori (président du Niger), Norodom Sihanouk (chef de l’État du Cambodge), sans oublier Jean-Marc Léger (devenu haut fonctionnaire canadien). Cette idée s’est largement exprimée lors de la première conférence de Niamey (1969). Selon les mots de Senghor, « la création d’une communauté de langue française […] exprime le besoin de notre époque, où l’homme, menacé par le progrès scientifique dont il est l’auteur, veut construire un nouvel humanisme qui soit, en même temps, à sa propre mesure et à celle du cosmos ».

Lors de la deuxième Conférence de Niamey en 1970, l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) a préconisé la création d’une institution intergouvernementale francophone, l’Agence de coopération culturelle et technique (ACCT), devenue en 2005 l’Organisation internationale de la francophonie.

III. Les objectifs de la Francophonie

«La Francophonie, consciente des liens que crée entre ses membres le partage de la langue française et des valeurs universelles, et souhaitant les utiliser au service de la paix, de la coopération, de la solidarité et du développement durable, a pour objectifs d’aider : à l’instauration et au développement de la démocratie, à la prévention, à la gestion et au règlement des conflits, et au soutien à l’État de droit et aux droits de l’Homme ; à l’intensification du dialogue des cultures et des civilisations ; au rapprochement des peuples par leur connaissance mutuelle ; au renforcement de leur solidarité par des actions de coopération multilatérale en vue de favoriser l’essor de leurs économies ; à la promotion de l’éducation et de la formation. Le Sommet peut assigner d’autres objectifs à la Francophonie.

La Francophonie respecte la souveraineté des États, leurs langues et leurs cultures. Elle observe la plus stricte neutralité dans les questions de politique intérieure.

Les institutions de la présente Charte concourent, pour ce qui les concerne, à la réalisation de ces objectifs et au respect de ces principes ».

(article 1er de la Charte de 2005)

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