Jeux sérieux à l’Af de Bombay : Retour d’expérience

Suite à l’installation de deux stations de jeux sérieux dans le centre Cuffe Parade, l’équipe pédagogique de l’Alliance française de Bombay expérimente et s’approprie graduellement ce nouvel outil numérique. Premières réflexions pédagogiques.

Apprendre le FLE dans un pays non-francophone empêche une immersion linguistique totale et naturelle. En conséquence, les tâches qui s’inscrivent dans la perspective actionnelle ne peuvent pas aller au-delà des murs de la salle de classe. Inutile d’emmener les apprenants au marché indien pour aborder l’objectif communicatif : acheter des fruits et des légumes. Les jeux sérieux semblent remédier, quoique partiellement, à ce problème.

En effet, le jeu des « Sims » utilisé à l’Alliance française de Bombay crée un univers francophone en mettant l’apprenant en situation de pratiquer des savoir-faire. Celui-ci est amené non seulement à créer son identité virtuelle, celle de son enfant ou de son animal de compagnie, mais aussi à explorer le quartier, ou bien le monde du travail. Au fur et à mesure de sa découverte, il entre en contact avec d’autres « sims », ce qui permet de dépasser l’ennui de l’interactivité et rend possible une interaction authentique en français.

Un groupe d'apprenants impliqué dans un jeu sérieux

Un groupe d’apprenants impliqué dans un jeu sérieux

Faire une partie du cours dans la nouvelle médiathèque s’avère intéressant pour les enseignants ainsi que pour les apprenants. Ces derniers, des « digital natifs » pour la plupart, sont déjà habiles à manier des manettes. Cela va sans dire qu’ils prennent le nouveau dispositif en main avec facilité et enthousiasme. Ils se laissent immerger dans un monde virtuel où le gain et la perte du jeu classique sont secondaires. Ce qui compte, c’est leur action. « Quelle coiffure a mon Sim ? Vais-je inviter mon voisin et organiser une soirée ou vais-je simplement échanger des mots de politesse ? » A chaque étape, l’apprenant doit choisir.  Ainsi, nous sommes bien loin des activités ludiques qui n’étaient que des exercices de fixation déguisées ou encore des jeux de rôles en salle de classe.

Aussi, les enseignants sont-ils obligés de changer de casquette. En amont, nous élaborons des scénarii en fonction de notre objectif communicatif. Il s’agit de fournir un cadre sans étouffer la spontanéité des apprenants. Pendant l’activité, nous accompagnons les apprenants-joueurs. Nous sommes appelés à faire preuve de souplesse et à abandonner nos réflexes de vouloir tout structurer afin de laisser l’apprenant créer son propre parcours. Enfin, pour cette pratique novatrice, l’évaluation ne peut être traditionnelle : elle est avant tout formative et suit les principes de l’approche par les tâches.

On joue, on s'amuse, on apprend !

On joue, on s’amuse, on apprend !

Le projet des jeux sérieux à l’Alliance française de Bombay n’a pas été sans obstacles jusqu’à présent. Après le travail important d’aménagement de la médiathèque et des difficultés techniques initiales, un gros travail pédagogique nous attend, notamment la création d’une banque de fiches pédagogiques qui est en cours, la formation de plus en plus d’enseignants ainsi qu’une réflexion didactique en continu. Vu les résultats encourageants des premières expériences des  jeux sérieux, il est certain que cette pratique se généralisera au sein de l’Alliance connue pour son dynamisme en matière de TICE.

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