La dictoglose

La dictée, cette activité où l’élève doit écrire parfaitement ce que lui dicte son professeur. Depuis sa montée en puissance dans les écoles au 19ème siècle, elle est restée très prisée dans le monde francophone.

La dictée, un exercice (trop) ancestral

Dans quelle catégorie ranger la dictée ? Est-ce un exercice oral ou écrit ? De compréhension ou de production ? A tort, on la classe souvent dans les exercices oraux. Mais la dictée, du fait de son ancienneté, est en décalage avec les méthodes d’enseignement modernes. Aujourd’hui, on s’intéresse à ce dont est capable l’apprenant, ce qu’il peut dire, ce qu’il peut communiquer. Or, avec ce classique de l’enseignement, on perd une réelle interaction, il n’y a pas de communication, l’apprenant n’essaie pas de transmettre quelque chose, si ce n’est la qualité de son orthographe.

L’avantage de la dictée est que c’est un exercice très simple à faire et à corriger pour le professeur. Le revers de la médaille: sa simplicité le rend aussi très monotone.

Une nouvelle dictée, la dictoglose

Pour parer à la monotonie et réintroduire la communication en classe, des professeurs ont mis au point la dictoglose à la fin du siècle dernier. La dictoglose a l’avantage de réunir les quatre compétences: compréhensions orale et écrite, productions orale et écrite. C’est un exercice où les apprenants peuvent discuter aussi bien du fond – le sens qu’ils veulent véhiculer – que de la forme – quelles structures utiliser ?

La fiche pédagogique

J’ai mis au point cette fiche pédagogique dans le cadre d’une formation que j’ai faite à l’université de Pune, pour les professeurs de français de la ville. C’est pourquoi elle se destine à un niveau élevé. Mais vous pouvez tout à fait en reprendre les principes, avec vos propres textes pour la réadapter à vos classes.

En savoir plus en téléchargeant la fiche pédagogique exemple:

La Dictoglose

 

Aller plus loin

D’autres fiches pédagogiques utilisant la dictoglose:

C1 – L’énergie nucléaire par Shanthipriya

 

13 réflexions au sujet de « La dictoglose »

  1. Merci Shanthipriya !

    Pour celles et ceux qui mettront cette activité en place, n’hésitez pas à partager vos expériences. Est-ce que l’activité a bien fonctionné ? Si non, pourquoi ?

    Vous pouvez même m’envoyer vos textes supports sur contact@salledesprofs.org. Je me ferai une joie de les ajouter à l’article. Cela permettrait d’avoir beaucoup de textes pour différents niveaux.

  2. Vous avez raison
    Shantipriya, c’est une très bonne idée… tout comme la bonne vieille dictée.

    Pourquoi, cher Valentin, profiter de votre présentation de la dictoglose
    (activité très intéressante au demeurant) pour, d’une certaine manière, déprécier la dictée
    traditionnelle et, par la même occasion, tout ce qui ne se rattache pas à la
    Nouveauté, déesse toute puissante garante de l’efficacité pédagogique ainsi que
    du plaisir d’enseigner et d’apprendre dans le monde comme il va ?

    Tout est dans la
    phrase d’introduction de l’article : « La dictée, cette activité où l’élève (1) doit
    écrire parfaitement ce que lui dicte son professeur. Depuis sa montée en
    puissance dans les écoles au 19ème siècle, elle est restée très prisée dans le
    monde francophone.
    » Tout d’abord, l’utilisation de l’adjectif
    démonstratif révélatrice du – léger ? – mépris dans lequel on tient une
    activité qu’un élève est censé avoir l’obligation (quelle horreur !) d’executer
    à la perfection (quelle idée !), le professeur imposant cet affreux pensum d’où
    toute interaction est exclue (aïe !). Ensuite, la précision sur les origines de
    la chose : le 19e siècle ! plus ancestral – et donc archaïque, c’est-à-dire
    ringard (donc à bannir)– on ne fait pas. La dictée traditionnelle n’est pas
    seulement ancestrale, elle l’est même vraisemblablement trop ! Enfin, la dictée
    est une activité tellement puissante et redoutable qu’elle s’impose encore, si
    longtemps après ses débuts, à moult amoureux du français, qu’ils soient
    professionnels de l’enseignement ou pas (on se demande bien quel masochisme
    pousse autant de gens à infliger ou subir un exercice aussi soporifique). La
    dictée est de fait très prisée dans le monde… francophone ! (suivez mon
    regard).

    Vous écrivez : « Or,
    avec ce classique de l’enseignement, on perd une réelle interaction, il n’y a
    pas de communication, l’apprenant n’essaie pas de transmettre quelque chose, si
    ce n’est la qualité de son orthographe. » Et alors ? Cet exercice est fait pour
    ça. J’ajoute qu’il y a dans l’enseignement actuel suffisamment d’interaction et
    de communication (il n’y aura bientôt plus que cela) pour accepter de faire de
    temps à autre des activités plus  » traditionnelles ». Il s’agit là, quoi
    qu’on en dise, d’être concentré sur ce que dit le professeur, de comprendre l’histoire
    qu’il raconte ou le message qu’il transmet et de retranscrire le plus
    correctement possible en repérant ses fautes à la relecture, prouvant ainsi
    qu’on a effectivement compris la personne qui s’adresse à nous et que l’on a la
    capacité de se corriger. Bref, un bon exercice qui ne mérite pas le discrédit
    et qu’on peut tout à fait garder, avec la dictoglose et beaucoup d’autres
    activités « modernes ».

    Quant à la
    supposée monotonie de la dictée, eh bien, ma foi, pourquoi pas ? À petite dose
    cela ne peut pas faire de mal. Cela peut même être reposant et bénéfique dans
    un monde où tout doit se penser en termes de mouvement, d’interaction, de
    travail de groupe, de débats, d’échanges.

    «Allez,
    aujourd’hui nous allons faire une activité ancestrale. Chacun dans sa bulle,
    bien concentré, on oublie les autres, on ne s’entraide pas, on ne partage
    aucune information, on fait un exercice pour soi, rien que pour soi, seul, tout
    seul, délivré de l’injonction de communiquer, d’interagir et d’être un acteur
    social. »

    Bon, sur ce, je
    vous laisse car j’ai une dictoglose à préparer à partir d’un article du Figaro.

     

    (1) Je note que
    lorsque vous évoquez la dictée traditionnelle le mot « élève » remplace
    comme par magie l’ineffable « apprenant ».

     

     

     

  3. Eh bien, je ne pensais pas soulever de telles réactions en traitant de la dictée ! Mais je dois vous avouer que dans la première version de mon article, je n’y traitais que de dictoglose. J’ai ensuite ajouté la partie sur la dictée sachant que j’obtiendrais l’attention de certains, cet exercice étant très important pour beaucoup. Voilà, je suis découvert.

    Je pense que vous lisez un peu trop entre mes lignes. Je ne méprise pas la dictée, mais je déplore simplement le détournement de son utilisation parfois. Et nous sommes d’ailleurs d’accord sur ce point. En rebondissant sur mes propos, vous dites que l’objectif même de la dictée est de contrôler l’orthographe. Exactement, et elle est très efficace pour cela. Seulement, il arrive aussi qu’elle soit utilisée pour contrôler la capacité à communiquer des apprenants. C’est sur ce point que mes critiques se font.

    Je pense que vous serez d’accord pour dire que la dictée n’est pas un exercice adapté pour évaluer les compétences en communication orale d’un apprenant. Si elle s’inscrit dans un environnement tout à fait communicatif, où elle se place alors en exercice à visée orthographique, eh bien soit. Ce n’est pas un mal bien sûr. Mais qu’elle soit définie comme exercice oral et unique vecteur de communication dans un curriculum, ce n’est pas la même chose, vous en conviendrez.

    Je ne vais pas m’étendre plus sur le sujet, car après tout, mon article porte sur la dictoglose, et non la dictée ! J’aurais aimé que vous parliez avec autant de passion de la dictoglose, de ses avantages, ou de ses inconvénients ! Car bien sûr, aucun exercice n’est parfait. La dictée ne représente qu’une petite partie de mon article, je ne voudrais pas que les commentaires deviennent une tribune pour ou contre ce type d’exercice. Ce n’en est pas le but.

    La dictée étant un exercice canonique relativement bien connu de tous, je préfèrerais aborder les techniques plus nouvelles, et moins connues bien souvent. Ensuite, le choix revient à chacun de peser le pour et le contre de chaque méthode et d’en tirer les conséquences. Ce billet permet de redécouvrir un exercice sous un nouveau jour. Et rompre un peu parfois avec la monotonie, ça n’a rien de mal non plus. Du moins, je l’espère ! 

  4. @Benoit 

    Hmm… j’ai aimé et j’aime toujours la dictée et je m’en sers assez souvent en classe. (Les apprenants l’adorent également). Par contre, la dictaglose me semble une variante intéressante 🙂 et j’apprécie les nouveautés car on épuise vite les idées pour les cours et on a besoin de réinventer…

  5. Chère Shantipriya,
    Votre commentaire dit exactement ce que je pense et que j’exprimais au début du mien : «C’est une très bonne idée…tout comme la bonne vieille dictée.» Vous appréciez les nouveautés mais vous n’en êtes pas l’esclave et si l’envie vous prend de faire une dictée « traditionnelle », eh bien, vous en faites une. Vous avouez d’ailleurs aimer ça et vous en servir assez souvent (attention tout de même à ne pas trop le faire savoir ;)). Je connais des professeurs qui s’y refusent pour la simple et très mauvaise raison que cet exercice appartiendrait au passé et qu’il relèverait selon eux d’une pédagogie dépassée et ringarde (ancestrale ?).

  6. Cher Valentin,

    Je suis d’accord avec vous sur l’essentiel. Par contre, si votre article de présentation portait effectivement sur la dictoglose, il s’agissait tout de même bien d’un article sur la dictée, que vous le vouliez ou non. Soit vous expliquez ce qu’est à votre avis une dictée, soit vous suggérez ce qu’elle n’est pas en évoquant les qualités de la dictoglose. Pour moi, la dictée ne représente pas qu’une petite partie de votre article, elle en est le sujet principal directement ou indirectement (inconsciemment ?).

  7. Merci à vous deux.

    Je ne pense pas mon article porte principalement sur la dictée, car il est tout de même accompagné d’une fiche pédagogique de 5 pages qui porte sur la dictoglose, il ne faut pas l’oublier. Toujours est-il, chaque lecteur est différent, et je peux comprendre qu’on puisse interpréter autrement mes propos. Peut-être que ma formulation ne m’a pas permis de traduire parfaitement ma pensée.

    A nouveau, je vous invite tous à essayer cet exercice pour ceux qui le ne connaissent pas, afin de forger votre opinion sur le sujet. Et n’hésitez pas à revenir nous en faire part ici pour continuer à alimenter ce fil de commentaires.

  8. @ Valentin,

    Je parlais bien sûr de votre présentation, indépendamment de la fiche pédagogique qui porte, sans aucune ambiguïté possible (et pour cause !), sur la dictoglose. De plus, je n’ai pas écrit que votre article ne portait pas sur la dictoglose – ce que j’ai reconnu – mais que, de manière à la fois explicite et implicite, la dictée en était finalement le vrai sujet.

    Cela étant dit, j’espère comme vous que les professeurs qui ne la connaissent pas essaieront cette activité et feront part ici de leurs réflexions. 

  9. Merci pour votre partage Shanthipriya !

    J’espère que votre fiche pédagogique en aidera d’autres. J’ai d’ailleurs rajouté un lien vers cette dernière à la fin de mon article.

  10. …Merci @ Valentin, Benoit , Shanthipriya. C’est tres interessant ce que j’ai lu sur la dictaglose. D’autant plus car en ce moment je me suis inscrite a un cours de grammaire de 30 heures et la dictee fait une partie (optionnelle bien sur ) de ce cours. Il est  important de preciser ici que cet exercice se fait a la demande de quelques professeurs inscrits a ce cours. Personnellement je le trouve interessant aussi , mais je vais surement tacher de parler  de la dictaglose a notre professeur et de la convaincre a la faire au moins une fois en classe ( une fois que je l’aurai faite moi-meme ). Je vous en  tiendrai au courant.  

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