Les 10 mots de la francophonie 2014

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Chaque année, la délégation générale à la langue française et aux langues de France choisit dix mots de la langue française, dix mots réunis pour la Semaine de la langue française et de la Francophonie autour d’un thème unique. Pour l’édition 2013 – 2014, c’est l’inventivité de la langue qui est mise à l’honneur.

Dis-moi-dix-motsLes mots voyagent, grandissent, changent, apparaissent, disparaissent, réapparaissent. Chaque année de nouveaux mots naissent pour mieux décrire le monde qui nous entoure. Certains restent et s’imposent naturellement dans la langue. Ainsi, en 1972, à l’aube de l’ère informatique, le mot logiciel naissait et remplaçait en France son homologue outre-atlantique software. D’autres en revanche ne reçurent pas le même accueil et peinent encore à briller. Pourriel, néologisme ingénieux proposé par l’Office québécois de la langue française en 1997 pour remplacer le terme spam, reste lui bien méconnu. Challenge, de son côté, est un grand voyageur. Originaire de l’ancien français, il disparut peu à peu avant d’être adopté par la langue anglaise. Requinqué, il revint en français au XXe siècle mais garda sa prononciation anglaise.

Au jour d’aujourd’hui, aucun dictionnaire n’est capable de recenser l’intégralité des mots de la langue française. Certains ont encore à intégrer les dernières réformes orthographiques de l’Académie française. Faute d’un instantané exhaustif, l’opération « Dis-moi dix mots » nous offre un panel de mots loufoques que recèle la langue française.

Les dix mots 2013 – 2014

dismoidixmots-alafolie-ambiancerAmbiancer

[ɑ̃bjɑ̃se] v. tr. – étym. 1976 ; de ambiance.
> Franç. d’Afrique noire. Créer une ambiance joyeuse et festive dans (un groupe, un lieu). Ambiancer une soirée. Ambiancer une salle.
« Le DJ, Patrick-Romuald, un Antillais d’une trentaine d’années avec un accent tombé directement du cocotier, a l’art et la manière d’ambiancer la piste (…) » Faïza Guène, Du rêve pour les oufs, p. 106.

dismoidixmots-alafolie-atirelarigotTire-larigot (à)

[atiʀlaʀigo] loc. adv. – étym. 1536 ; de 1. tirer (IV.) « aspirer », et larigot *.
> Beaucoup, en quantité. Boire à tire-larigot. -> Gogo (à). « Deviens gras, mon Antoine, bois et mange à tire-larigot. Que tu vives au moins le dernier. » Marcel Jouhandeau, Chaminadour, IV, Le bandit, II.

dismoidixmots-alafolie-charivariCharivari

1. Charivari
[ʃaʀivaʀi], n. m. – étym. v. 1370 ; chalivali, 1316 ; orig. incert., du lat. caribaria « lourdeur de tête », du grec ; P. Guiraud préfère un composé tautologique, formé sur varier (provençal varai « remue-ménage »), et le moy. franç. charrier « tourmenter » (charrier-varier).
1) (1316). Vieilli ou ethnol. Bruit discordant et tumultueux de poêles, de chaudrons, de sifflets, accompagné de cris et de huées, que font des gens attroupés pour témoigner leur réprobation ou dans certaines circonstances définies par la coutume (mariage et notamment remariages de veufs et veuves). Donner, faire un charivari. -> Sérénade.
2) Cour. Grand bruit collectif. -> Tapage, tumulte, vacarme. Fig. Musique discordante. -> Cacophonie. Ce concert est un vrai charivari.
3) (xve). Querelle accompagnée de cris.

2. Charivari
[ʃaʀivaʀi], n. m. – étym. 1812 ; empr. (probablt dû aux contacts entre les troupes françaises et autrichiennes) à une langue d’Europe de l’Est : polonais szarawary, russe charovary « pantalon bouffant », dial. all. de Danzig Scharriwarry « pantalon long », du hindi saravara « pantalon ».
> Vx. Pantalon de cavalier garni de cuir dans l’entrejambe, et de boutons sur les côtés, porté sous la Restauration. – Appos. Pantalon charivari.

dismoidixmots-alafolie-senlivrerEnlivrer (s’)

[sɑ̃livʀe], verbe essentiellement pronominal du 1er groupe.
1) Être ivre de lecture(s). Ex. : Colette LIBRIS. « Pour les membres de l’ABN, l’Amicale des Bretons de Narbonne, chaque rencontre était prétexte à s’enlivrer. Tout y passait : Chateaubriand, Hervé Jaouen, Jules Verne, Max Jacob, Tristan Corbière, Jakez Helias, Irène Frain, Ernest Renan, Yann Queffélec, Robbe-Grillet, Jean-Edern Hallier, Lamennais, et puis, au bout de l’enlivresse, Le Goffic, Le Bars, Le Quintrec, Le Coz, Le Pennec, Le Beuze, Le Tieulloïc, Le Bris, Le Dantec, Le Guillou, Le Drian, Le Gouëfflec, Le Joncour, Le Scouëzec, et même Le Boterf. »
2) S’enivrer de lecture(s). Ex. : Raymond BOUQUIN. « C’est à l’âge de 20 ans qu’Émile avait commencé de s’enlivrer. Un matin d’automne 1953, après une violente dispute avec son père, il s’était rué à la bibliothèque de son village et s’était enlivré jusqu’à l’épuisement. Il y avait pris goût, instantanément, et depuis lors il s’enlivrait chaque année davantage. Quand il eut atteint ses 25 ans, pas un jour ne passait sans qu’il s’enlivrât rageusement. Les jours eussent-ils rallongé qu’il se fût enlivré plus encore. C’était alors chose acquise : il s’enlivrerait jusqu’à son dernier souffle.
3) (rare) Lire des livres ayant pour sujet l’alcool, le vin, etc. Ex. : Charlotte BUKOVSKAIA. « Le soir, au coin du feu, Estelle s’enlivrait des fragrances inégalables du GGGVF, le Grand Guide Gastronomique des Vins de France. »

dismoidixmots-alafolie-fariboleFARIBOLE

[faʀibɔl] n. f. – étym. 1532, Rabelais ; p.-ê. du lat. frivolus (-> Frivole) ; P. Guiraud préfère y voir un comp. du lat. falla « tromperie, mensonge » (-> Faillir) et l’anc. franç. bale, apparenté à bourde. Rare au singulier.
1) Chose, propos vain et frivole. -> Baliverne. Dire, raconter des fariboles.
2) Rare. Chose ou action sans importance. Il n’a rien à vendre que des fariboles. -> Babiole. Une faribole de quatre sous.
3) Cour. Idée sans intérêt ni consistance. Il considère les idées freudiennes comme des fariboles. – Iron. « Au nom de la justice et d’autres fariboles ! » (Malraux, les Conquérants, in T.L.F.). – Au sing. collectif (rare). C’est de la faribole. dérivés Fariboler.

dismoidixmots-alafolie-hurluberluHURLUBERLU

[yʀlybɛʀly] n. m. – étym. 1562, hurlubulu, n. d’un saint (imaginaire), in Rabelais ; aussi adv., 1718 ; hurlubrelu, adj. et adv., 1690 ; hurlu-burlu, interj. ; orig. obscure ; selon Wartburg, de hurelu « ébouriffé », du rad. de hure, et berlu « qui a la berlue ».
> Personne extravagante, qui parle et agit d’une manière bizarre, brusque, inconsidérée. -> Écervelé, étourdi ; fam., dingue, loufoque, maboul, toqué. Des hurluberlus pleins d’entrain (cit. 2) ; de joyeux hurluberlus. C’est un hurluberlu et un fantaisiste (cit. 1). Il agit comme un hurluberlu, en hurluberlu.
rem. On emploie parfois hurluberlu en parlant d’une femme.
> Adj. Il, elle est un peu hurluberlu.

dismoidixmots-alafolie-oufOUF

1. OUF [ʼuf] interjection – étym. 1642 ; of 1579 ; onomatopée
1) Vx Interjection qui exprime la douleur soudaine, l’étouffement. Mod. Loc. Il n’a pas eu le temps de dire ouf, de réagir, de faire face à la situation. « Bon Dieu ! un homme ne peut pas crever comme un rat pour rien et sans faire ouf » (Sartre).
2) Mod. Exprimant le soulagement. Ouf ! enfin, on respire. Ouf ! bon débarras.
N. m. inv. Pousser un ouf, des ouf de soulagement.

2. OUF [ʼuf] adj. et n. – étym. 1988 ; verlan de fou
> Fam. Fou. T’es ouf, ou quoi ?
N. Un vrai ouf, ce type ! Bande de oufs ! Loc. Un truc de ouf : une chose incroyable.

dismoidixmots-alafolie-timbreTIMBRÉ, ÉE

[tɛ̃̃bʀe] adj. – étym. xviie ; de timbre
I. 1) Fam. Un peu fou*. -> cinglé, 1. piqué ; timbre (I,1°). « Le brave homme est un peu timbré ; c’est le malheur et le chagrin » (Mérimée). Subst. Un timbré.
2) (1836) Qui a un beau timbre (I,2°) ; qui a du timbre. Une voix bien timbrée.
II. (de timbrer) 1) (1690) Acte timbré, marqué d’un cachet, d’un timbre (II, B, 1°), du timbre fiscal. Cour. Papier timbré : papier émis par le gouvernement, destiné à la rédaction d’actes civils ou judiciaires soumis au droit de timbre *, et portant une vignette de valeur déterminée correspondant au montant du droit à acquitter (opposé à papier libre).
2) Qui porte un timbre (II, C, 2°). Joindre une enveloppe timbrée pour la réponse.

dismoidixmots-alafolie-tohubohuTOHU-BOHU

[tɔybɔy] n. m. inv. – étym. 1764 ; toroul boroul xiiie ; cf. les isles de Thohu et Bohu (Rabelais, 1552) ; traduction de la locution hébraïque tohou vabohou « informe et vide »
1) Didact. État de la terre, dans le chaos primitif. « Le cosmos est sorti du chaos. L’ère du tohu-bohu est close » (Caillois).
2) (1819) Vieilli Désordre, confusion de choses mêlées. « Un tohu-bohu de fioles » (Huysmans). – Cour. Bruit confus, tumulte. -> Brouhaha, charivari, tintamarre. « au milieu du tohu-bohu des visites et de l’appareillage » (Loti). Le tohu-bohu des voitures.

dismoidixmots-alafolie-zigzagZIGZAG

[zigzag] n. m. étym. 1718 ; en zigzag, 1694 ; « assemblage articulé de pièces en losange pouvant s’allonger et se replier à volonté », 1662 ; formation expressive évoquant un va-et-vient.
I. 1) Ligne brisée formant des angles alternativement saillants et rentrants. Tracer des zigzags. (1694). En zigzag : en ligne brisée. Route, chemin, boyau, chicane en zigzag. -> Détour, lacet. Cimes en zigzag. > Mouvement (d’un objet, d’une personne) qui se déplace en effectuant des zigzags. Éclair qui fait des zigzags. – (1779). En zigzag : en changeant constamment d’itinéraire, de chemin.
2) (V. 1772). Fig. Évolution d’une personne qui change radicalement suivant les circonstances. Les zigzags de la carrière d’un politicien. -> Volte-face ; revirement.
3) (1834). Au plur. Motif d’ornementation en ligne brisée. Syn. : bâtons brisés.
4) Techn. Appareil formé de pièces en X articulées pouvant s’étendre ou se raccourcir.

II. (1768). Zool. Papillon (bombyx disparate) dont la chenille dévore les feuilles des saules et de divers arbres.

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