L’utilisation de l’outil numérique dans la simulation globale à destination des grands groupes

La simulation est définie par Debyser comme : un protocole ou un scénario cadre qui permet à un groupe d’apprenants pouvant aller jusqu’à une classe entière d’une trentaine d’élèves, de créer un univers de référence – un immeuble, un village, une île, un cirque, un hôtel – de l’animer de personnages en interaction et d’y simuler toutes les fonctions du langage que ce cadre, qui est à la fois un lieu-thème et un univers du discours, est susceptible de requérir.

Il est possible de consulter l’ouvrage en ligne Simulations globales de Jean-Marc Caré et de Francis Debyser qui explique la démarche méthodologique par des exemples.

1) Les étapes de création d’une simulation globale

  • Faites voyager vos apprenants.

    Faites voyager vos apprenants.

    Définir un lieu-thème : La première étape est de définir un lieu-thème pour donner un cadre à l’apprentissage des apprenants. C’est aussi le lieu où va se dérouler l’action et dans lequel les personnages vont évoluer. Pour pouvoir mieux cadrer l’action, il est nécessaire que le lieu soit clos.

  • Créer des identités fictives : Chaque apprenant doit avoir une identité fictive qui lui est propre. Il faut pour cela établir une grille de présentation des personnages pour leur permettre de construire une identité.
  • Faire intervenir des incidents : La troisième étape consiste à faire intervenir des incidents et des relations entre les personnages pour que l’histoire puisse évoluer.
  • Garder une trace : Il est important de permettre aux apprenants de garder une trace de qu’ils produisent. Déjà pour le souvenir mais pour partager leurs productions auprès d’autres personnes, qu’il s’agisse de l’école ou bien des parents. Cette trace peut avoir la forme d’un journal ou bien d’une vidéo.

La simulation globale assistée par l’outil numérique s’appuie sur les mêmes principes que la simulation globale «classique ».

2) Le rôle de l’outil numérique avec les grands groupes

L’utilisation de l’outil numérique peut contribuer au développement d’activités de simulation globale pour grands groupes. En effet, l’utilisation des réseaux sociaux et applications de communication permet de définir rapidement un cadre (une page Facebook, un groupe Ning ou Whatsapp…) tout en s’assurant qu’une trace sera gardée. De plus, quand bien même le thème et les identités peuvent varier, une activité de ce type s’appuie sur des compétences devenues quotidiennes et stimulantes pour l’apprentissage d’une langue. Malgré la contrainte des consignes, elle laisse une liberté dans l’utilisation de la langue.
Voici quelques exemples possibles :

  1. La création d’un journal de bord vidéo

    L’enseignant de langue peut mettre en place un journal de bord en ligne grâce à Youtube pour conserver une trace des productions orales des étudiants. L’outil numérique permet alors à l’enseignant de ne pas perdre du temps à enregistrer les apprenants et de pouvoir laisser une chance à chacun de s’exprimer et de participer au projet de manière équitable. On peut envisager qu’à chaque fin de séance, trois apprenants soient désignés pour écrire une synthèse et la présenter au sein du journal vidéo.

  2. Une page Facebook animée par les apprenants

    La création d’une page Facebook permet aux apprenants de pouvoir s’exprimer de manière régulière par la production écrite. Cette page doit être gérée par les apprenants pour une meilleure efficacité sous la surveillance  distancée de l’enseignant.

  3. La connexion entre les établissements français et indiens

    En 1997, un projet pilote lancé par Ademirnet donne naissance au premier livre collectif à l’échelle de la planète ; quelques deux cent cinquante étudiants européens et américains reliés par Internet se lancent dans le projet de l’immeuble parisien du 109, rue Lamarck, Paris 18è. Les apprenants de 5 pays différents (Allemagne, Canada, France, Belgique, Etats-Unis) ont participé à l’élaboration d’une simulation globale en ligne. 18 lycées ont été reliés par internet mettant en lumière que l’utilisation d’outils numériques peut permettre à des apprenants d’affiner leurs compétences linguistiques et d’échanger à propos de leurs cultures sur un mode ludique. Cette expérience peut servir d’exemple au sein d’une correspondance entre deux établissements français et indien.

3) Recommandations pour l’enseignant

  • La simulation globale ne dispense pas de l’enseignement de la grammaire. Elle vise à favoriser l’expression orale et écrite de manière ludique.
  • Elle doit rester limitée dans le temps sinon il y a le danger que l’exercice ne s’épuise. Il est important de définir un plan de séances et un cadre précis. Elle peut se dérouler de manière hebdomadaire ou constituer une séquence de plusieurs heures de cours.
  • L’enseignant a un rôle d’encadrement et d’animateur. Il cadre le programme, corrige les échanges, guide les apprenants pour leur faire apprendre des compétences. Il a également un rôle de soutien. Par exemple, il peut proposer des situations lorsque ceux-ci se retrouvent confrontés à une difficulté.

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