Notre séjour à Tours

Nous, un groupe de trente professeurs Indiens de Français, avons été sélectionnés pour un programme de bourse de stage linguistique et didactique à Tours du 5 au 16 Décembre 2011. Nous avons d’abord atterri à Paris, une des plus belles capitales du monde et ensuite avons pris un car qui nous a déposé à Tours.

Tours, comme son nom l’indique symboliquement, la Tour du château, est une ville ornée de nombreux châteaux resplendissants. A la différence d’une ville cosmopolite avec ses appartements et ses gratte-ciels, Tours est embellie par la beauté de ses belles maisons, parfois datant de plusieurs siècles et ses constructions originales de bâtiments en colombage.

L’Institut de Touraine ressemble lui-même de l’extérieur à un manoir mais est très moderne à l’intérieur (salles de classe équipées de TBI).

Les éléments de didactique que nous avions découverts et approfondis en classe étaient plus le traitement des méthodes et des procédés d’enseignement et d’entrainement des apprenants que de simples apprentissages des règles et ses applications immédiates sous forme d’exercices. La seule chose que les professeurs nous demandaient toujours était d’agir en classe et de faire agir les apprenants en leur préparant des projets de classe. Un nom nouveau que je ne connaissais pas. Moi, en tant que professeure de français, je réalisais quelques activités dans l’année mais pas de constants projets de classe. Ce qui m’avait surtout capté l’attention était de voir la beauté des professeurs agissant comme des acteurs de scènes de théâtre, plus précisément dirai-je des scènes de théâtre comiques parce que presque tous avaient un très grand sens d’humour ! Ils nous enseignaient en nous faisant rire le plus souvent possible. Il y avait particulièrement un professeur de civilisation appelé Olivier Dufresne, un acteur bien comique qui agissait avec une finesse remarquable dans notre salle de classe. Cette façon d’enseigner avec beaucoup d’actions, de gestes et d’un grand sens d’humour était quelque chose que je souhaiterai transporter jusque chez moi. Ils nous avaient donné les différents projets de classe que l’on pourrait faire, des procédés techniques permettant aux apprenants d’intégrer ce qu’ils avaient appris par l’action, par le jeu ou par la recherche individuelle tout en les valorisant à l’égard des autres.
C’était des choses nouvelles que nous pouvions introduire dans nos écoles à Pondichéry : se mettre en groupe et préparer un projet visant à l’intérêt des autres (préparer un dépliant touristique pour les touristes Français à Pondichéry). « Développer l’écriture créative » était entre autre une classe dans laquelle nous avions appris d’autres idées comme réaliser une activité d’écriture basée autour d’un conte ou autour des couvertures du conte. Prendre un fameux conte et effectuer des transpositions, des détournements, la « salade des contes » ou inventer un conte avec quelques mots choisis. C’était un moyen pour les apprenants d’enrichir la compétence orale et la production écrite. Nous avions fait cette activité à l’Institut. La classe de « La chanson de FLE » était aussi une classe à travers laquelle j’avais pu découvrir comment on pouvait préparer des activités à nos apprenants à partir des chansons françaises. Tout en profitant d’écouter la musique, on pouvait aussi revoir les notions de grammaire à l’aide des exercices sur les paroles des chansons.

La société Française que nous avions découverte avait en majorité un niveau de vie bien élevée. Leur mode vestimentaire, les voitures que les personnes possédaient, souvent chic et en moyenne deux par famille, tout mettait clairement en relief leur vie aisée. A propos des habits il était très visible que chacun s’efforçait de bien suivre la mode. Par exemple en ce moment porter des bottes était à la mode chez toutes les femmes (même quelques indiennes parmi nous les avaient portées !). Un autre fait que nous avions beaucoup apprécié chez les Français était leur politesse vis-à-vis des autres. Saluer quiconque, même si on ne la connait pas alors qu’en Inde nous avions peu l’habitude de saluer quelqu’un qu’on ne connait pas tout à fait. On avait aussi noté que ceux qui partaient en voiture s’arrêtaient et donnaient la priorité de passage aux piétons. Une autre forme de politesse bien appréciable et unique chez eux.

En ce qui concerne leur mode alimentaire, c’était toujours une entrée, un fromage, un plat et un dessert, sans oublier du pain. Chaque jour le repas était varié ainsi que les boulangeries, pâtisseries contenaient une très grande diversité de mets, reflétant tous une émergence vers de nouvelles tendances de consommation. Les Français étaient des gens très actifs, qui paraissaient tout le temps occupés, qui mangeaient en marchant pour économiser du temps, tous étaient indépendants, même les personnes très âgées faisaient leurs propres courses. Ils avançaient très lentement avec leur poussette contenant les produits achetés.

Ce séjour a été une application directe de ce que nous avions lu et vu dans les manuels de Français à propos de la France et des Français. Quant à moi, j’avais cru que dans presque toutes les villes de la France il y avait toujours des gens d’ethnies et de races différentes, beaucoup d’étrangers, que partout on trouverait des appartements mais, à ma grande surprise Tours était une ville très originale, où vivaient en majorité des vrais Français. Une belle cité avec son histoire et ses châteaux magnifiques. On m’a dit que c’était une ville qui ne contenait point d’usine et demeurait ainsi dénudée de toute pollution. On ne voyait que de très belles maisons françaises, contenant la plupart du temps une cheminée traditionnelle, même si elle n’était pas beaucoup en usage. On dit que Tours était la ville du Roi de la France, qu’elle avait faillit être la capitale de la France. Un de mes amis habitait une maison d’accueil dont le bâtiment datait du 16e siècle ! Nous avions cette pure impression de nous avoir transportés dans une France traditionnelle qui n’avait pas changé ses coutumes et ses mœurs depuis des lustres puis vers les vieilles constructions nous transmettant l’histoire de la cité.

En ce qui concernait la famille d’accueil chacun en avait obtenu selon la chance que lui ou elle en possédait. Pour certains, les gens de la famille étaient très sympas, chaleureux, bienveillant tandis que pour d’autres ce n’était qu’une simple entente très formelle. La mienne en est un bel exemple, le couple était très indifférent avec moi, nous échangions rarement des paroles, et ce n’était que pour saluer la plupart du temps. A part cela j’avais remarqué une chose qui m’avait un peu surpris, c’était le fait que les Français éteignaient toutes les lumières de la maison quand ils sortaient ou, n’utilisaient qu’une lumière terne à l’intérieur de la maison, parce qu’en Inde, la famille ne laisse jamais toute les lumières de la maison entière éteintes. C’est une chose que je n’avais pas personnellement aimé comme habitude chez eux. Sinon, bien sûr que la famille française dont j’avais témoignée était très différente par rapport à une famille Pondichérienne dans la mesure où, chez nous, nous donnions la première préférence à nos invités. On se montrerait très accueillant, on leur préparerait des mets traditionnels et surtout leur donnerait la liberté d’utiliser nos objets comme le téléphone fixe. En outre la famille chez qui j’habitais n’appréciait point que j’utilisais quelque fois leur téléphone fixe pour communiquer à l’intérieur de la France même si c’était gratuit !

Si on veut parler des points forts de ce stage, je peux dire que ?a a été une expérience agréable dans la mesure où j’ai eu l’occasion d’explorer une ville magnifique, d’apprécier ses constructions originales (maisons, basilique, manoir..) et ses ruelles inouïes. La formation dans l’Institut était entre autre beaucoup enrichissante en son contenu et très innovante dans sa représentation. Les professeurs étaient très sympathiques avec une performance sans égale. A vrai dire, il n’y avait pas de points faibles, seulement le temps nous a paru courir très vite, nous aurions bien voulu avoir une durée plus longue pour découvrir encore d’autres châteaux et d’autres sites touristiques. Pour dire en un mot, le stage linguistique et didactique à Tours était bien réussi et je suis très reconnaissante à l’Ambassade de France en Inde pour nous avoir fourni cette grande occasion d’explorer la Langue et la Culture française à travers une des plus belles villes de la France.

Quelques photos de cette expérience : 

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