Pédagogie de projet: création d’un magazine

Le 24 avril 2014, Valentin Moisan, attaché de coopération pour le français en Inde et professeur à l’université de Pune, a mené une formation afin de développer un exemple de pédagogie de projet : la création d’un magazine écrit par des étudiants.

Valentin Moisan et les participantes en formation

Valentin Moisan et les participantes en formation

De 9h à 17h, les 6 participantes au stage, dont la directrice de l’alliance française de Panjim/Goa Laurène Gibert, et sa présidente, Marise D’Lima, ont pu analyser les problématiques que présente l’écriture d’un magazine. Cette formation s’appuie sur l’expérience de Valentin Moisan dans la mise en place d’un tel magazine au département des langues étrangères de l’université depuis novembre 2013. Le premier numéro de ce magazine a été écrit dans le cadre de cours de langue donnés aux premières années de master de français du département. Ses 48 pages sont le produit du travail de 17 étudiantes et portent sur les fêtes de fin d’année indiennes et françaises : Diwali et Noël. Voir ci-dessous:

Magazine créé par les étudiantes de première année de master de français de l’université de Pune

Être actif dans son apprentissage

L’un des objectifs de la pédagogie de projet est de remettre l’individu au centre de son apprentissage. Dans l’exemple du magazine, les participants au projet peuvent tous être impliqués à différentes échelles dans l’élaboration du produit final. L’écriture d’un magazine nécessite en premier lieu une organisation, une certaine hiérarchie. Ainsi retrouve-t-on habituellement des rédacteurs, des photographes, des illustrateurs, des adjoints ou un rédacteur en chef. Ce travail appellera d’autres compétences que la simple maitrise grammaticale d’un point de langue, il demande une méthodologie. Ce type de compétence est recherché in fine dans tout master, dans tout travail : la gestion du temps, le travail en équipe, la recherche, la synthèse d’informations, etc. Nous touchons à une autre composante de la pédagogie de projet qui est que la langue n’est pas le seul outil nécessaire à une communication réussie.

Ainsi, pour éviter les doublons, les participants au projet devront se concerter, parler, discuter des différents sujets à aborder. Les adjoints et le rédacteur en chef devront veiller au respect de la ligne éditoriale. Cette ligne, définie en groupe avec le professeur, est un élément déterminant du projet. Avant de commencer l’écriture d’un article, l’auteur devra ainsi se poser les questions suivantes : « pour qui est-ce que j’écris ? » et « qu’est-ce que je veux dire ? ». Ces deux questions sont totalement nouvelles dans le cadre de la classe, leurs réponses y paraissant habituellement évidentes : « j’écris pour le professeur » et « j’écris ce que le professeur souhaite lire ». Ne connaissant pas le lecteur, l’auteur devra ainsi être plus attentif à ce qu’il dit car bien que le professeur soit obligé de lire les travaux de ses étudiants, quelle que soit leur qualité, ce n’est pas le cas d’un lecteur quelconque. Timidement, on sort de la simulation pour arriver à un travail qui dépasse le cadre de la classe.

Formation à la PAO

Formation à la PAO

La création d’un magazine présente cependant une difficulté technique parfois difficile à surmonter. Les logiciels de bureautique peuvent être utilisés, mais restent loin des capacités des logiciels de PAO – publication assistée par ordinateur – comme Scribus (gratuit) ou InDesign (payant). La seconde moitié du stage a porté sur ces éléments, ainsi que sur la publication. L’impression d’un magazine pouvant s’avérer couteuse, la question de la publication en ligne a été abordée. Pour mieux comprendre les thématiques abordées lors de ce stage, n’hésitez pas à consulter la carte heuristique ci-dessous réalisée de manière collaborative au cours de la formation.

Carte heuristique de la formation

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